On se met « au vert »…

Nous quittons la Finlande le 26 octobre et les derniers jours dans ce pays ont été vraiment intenses. Face à l’actualité épidémique, j’avais comme un sentiment d’urgence. Je ne souhaitais absolument pas que nous restions « coincés » de ce côté là du continent. Du coup, une fois le pied en Estonie, la pression redescend et nous passons en mode « slow »…

A la descente du bateau, c’est un peu fébrile que nous sommes arrêtés par la douane estonienne. Un très gentil policier « masqué » nous demande si nous transitons juste dans le pays et dans ce cas nous avons 12h pour le faire (vu la taille du pays on aurait même pu faire un peu de tourisme :)). Avec notre honnêteté légendaire, nous lui confirmons que non, nous avons bien l’intention de rester un peu. Il nous demande donc si nous avons un test négatif à présenter….ben non… on ne l’a pas non plus (les vraies touristes quoi !). Un peu dubitatif mais toujours aussi gentil, il nous fait remplir un papier (qui nous engage sur l’honneur) et nous demande de nous « isoler » pendant 8 jours et d’éviter les restaurants. Nous pouvons toutefois faire les courses. C’est parfait, nous avons grandement besoin de nature après ces 15 derniers jours en milieu urbain ! Cap vers le parc national de Lahemaa à 70km de la capitale.

Lahemaa est le plus grand des 5 parcs nationaux du pays. Avec ses 725km2, ce parc est un vaste espace naturel entre plages et forêts. Il abrite également 4 manoirs très bien restaurés. Sur le chemin qui nous emmène dans notre site d’isolement, nous nous arrêtons pour voir la cascade de Jägala. Avec ses 40m de large et ses 8m de haut elle est aussi la plus grosse cascade d’Estonie. Malheureusement à cette période de l’année, le débit est bien faible et ne couvre qu’une dizaine de mètre…. en toute honnêteté après les cascades norvégiennes, et bien celle-ci ne nous parait pas exceptionnelle…En plein hiver, elle est, parait-il, bien plus belle en présentant des couleurs entre l’ocre et le rouge du fait des nombreuses tourbières que l’eau traverse.  

Passer plusieurs jours dans un parc national est la garanti de se ressourcer en plein nature ! Dès notre arrivée nous ressentons un tranquillité absolue et pourtant le parc au delà de sa faune et flore abrite plusieurs villages, des écoles et tout ce qu’il faut pour y vivre. C’est vers Kasnu appelé aussi « village des capitaines » que nous ferons notre 1ère randonnée. 5km entre mer et forêt à observer la nature, passer par un pierrier connu et atterrir dans le village qui est tout à fait charmant. Il faut dire aussi que le passé maritime de ce village – avec notamment la présence pendant de nombreuses années de l’école des officiers de la marine estonienne – a donné un certain « standing » au lieu. Les maisons sont vraiment très belles et l’atmosphère générale bien reposante.

Un peu par hasard, pour clôturer notre petite rando, nous décidons d’aller dans le « petit » musée maritime du village. Nous sommes accueillis par le propriétaire du musée ou plutôt le gardien et quand je dis « musée », c’est plus une belle maison remplie d’un nombre incalculable d’objets plus ou moins liés au monde maritime et chinés chez les antiquaires à travers le monde. Ce monsieur, un vrai passionné nous accueille en chausson, béret, parle russe/estonien et baragouine l’anglais. Un vrai moment d’anthologie et une belle rencontre avec ce personnage haut en couleur qui s’avéra être un ex champion du monde de nage en eaux vives (médaille à l’appui). Il nous fera une visite guidée, de temps en temps « mimée » quand les mots manquent mais surtout passionnée ! Sa collection est impressionnante et regorge de petits trésors qui ferait pâlir d’envie bien d’autres collectionneurs.

A Lahemaa, nous avons beaucoup marché que ce soit à Kasmu mais aussi vers Oandu sur son sentier de découverte ou pour aller voir le sentier des castors. C’est très intéressant de marcher dans une nature totalement sauvage en dehors du chemin en bois posé par l’homme. Les arbres morts côtoient les vivants dans un labyrinthe végétal impressionnant. Sur les arbres, nous admirons les stigmates laissés par les élans ou les castors et retrouvons avec plaisir les Cladonia rangiferina, le lichen des rennes, qui tapissent de blanc tout ce vert dominant ! Nous ferons aussi des marches dans un silence quasi religieux pour tenter d’apercevoir quelques habitants de ces forets sauvages….Avec trois garçons de moins de 12 ans, nous pourrions croire que c’était mission impossible et bien non. Ils étaient aussi à l’affût que nous !

Le parc Lahemaa est aussi connu pour ses « blocs erratiques »(erratic Boulder) Ce sont des « fragments de roche d’origine morainique qui ont été déplacés par un glacier parfois sur de grandes distances. Lors de la fonte du glacier, le bloc erratique est abandonné sur place. » En Estonie ces roches sont arrivés des glaciers de Finlande et de suède il y a des milliers d’années. Le parc en compte un très grand nombre mais surtout 6 d’une taille énorme. Sur le sentier Majakivi – Pikanõmme, nous sommes allés rencontrer le rocher Majakivi qui avec ses 7 m de haut est le plus grand du parc. Une échelle en bois permet de monter à son sommet. Bon avec mon vertige j’ai bien cru que j’allais rester coincée la haut mais la visite valait le coup !

Nous ne pouvions partir de Lahemaa sans visiter un de ses 4 manoirs. C’est au manoir de Palmse que nous découvrirons la vie des anciens propriétaires, les von der Pahlen. De style baroque, le bâtiment comme son parc ont été très bien restaurés et nous permettent de faire une vraie immersion dans la vie de cette famille noble russe, (qui était aussi lituanienne et suédoise d’origine germano-balte.).

Initialement nous devions rester deux jours à Lahemaa mais au final, nous ne retournons à la civilisation que 6 jours après…cette pause « au vert » a été un moment ressourçant bien loin du confinement français et du COVID en général. Nous mesurons notre chance de continuer le voyage. Alors oui nous savons que nous risquons fortement d’être bloqués à un moment donné mais tant que nous pouvons, nous avançons ! Et je suis convaincue que nous avons bien moins de risque d’attraper le Corona dans notre camping-car sur les routes d’Europe qu’au travail ou à l’école….

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